Catégorie « Carrément Sorcières Fiction »
Il était une forme
Gazhole et Cruschiform
Ed. Maison Georges
Bienvenue au château de Pointudroidur où tout n’est que lignes droites et angles
pointus, aucune courbe n’est tolérée, tout arrondi est banni. L’héritier du trône n’échappera pas à la règle. Mais le roi et la reine se désolent : aucun de leurs rejetons n’est parfaitement rectiligne ! Une seule solution : raccourcir tout ce petit monde, les faire disparaître afin de ne pas jeter le discrédit sur la maison royale. Mais dans toutes les histoires qui commencent par « Il était une f… », il y a forcément une bonne fée, une héritière futée et un amour sincère qui fera triompher la liberté d’être, au-delà des apparences. Rien dans cet album n’est comme ailleurs. Gazhole et Cruschiform jouent avec les formes et les couleurs et font rimer géométrie avec sociologie. Ils inventent un univers au casting mathématique avec, en toile de fond, un propos poétique et militant. Vous aimez les livres ovnis, vous allez être servis !
Catégorie « Carrément Sorcières Non-Fiction »
Tahho Japon !
Éva Offredo
Ed. Maison Georges
Un documentaire qui nous fait voyager du nord au sud du Japon à
travers huit portraits de femmes japonaises fascinantes qui pratiquent des métiers étonnants voire inconnus de notre culture : peintre cervoliste ou artificière par exemple. Éva Offredo utilise un code couleur spécifique à chaque personnage pour les différencier et nous signifier que chacune de ces femmes est unique. L’artiste nous offre un voyage original et sensible, un regard un brin féministe qui permettra au lecteur·rice d’ouvrir tout un champ des possibles. Entre le documentaire et le conte, on navigue dans un univers poétique inspirant.

Indécemment riche et affreusement orphelin, le jeune Lord Handerson cherche à se marier. Branle-bas de combat chez toutes les jeunes filles de bonne famille. Mais l’affaire se complique quand les prétendantes échouent mystérieusement les unes après les autres face à l’épreuve qui les attend : passer une nuit au château, sans chaperon, sur un empilement invraisemblable de matelas. Les trois filles de Mrs Warkins et leur servante Sadima se présentent au château en ignorant encore qu’il renferme de bien sombres secrets. Mêlant astucieusement les genres et les récits traditionnels, on reconnaît pêle-mêle La princesse au petit pois, Barbe Bleue, Alice ou Jane Austen… Ce conte résolument contemporain est un éveil à la sensualité et on ressort de cette lecture foudroyé par la beauté de la narration.
observez… Les animaux de la forêt y ont pénétré en secret !
Delphine Perret raconte un été qu’un enfant passe avec sa mère, dans la maison de ses grands-parents. Un été parmi d’autres, qui n’a finalement rien d’exceptionnel mais qui, grâce au talent de l’autrice illustratrice et à cette éternelle capacité d’émerveillement de l’enfance, devient « le plus bel été du monde ».
À pattes de velours, Chat se faufile entre les pages de cet ouvrage. Il joue avec la lune et les étoiles, guette les navires engloutis qui remontent à la surface, glisse dans les ruelles à la poursuite de son ombre, hante les lumières de la ville et celles de la scène, avant de s’accrocher aux rideaux et de prendre la lune pour oreiller. Dans cette nuit lumineuse, tout s’anime : Goéland, un vieux célibataire mélancolique, verse une larme à la mort du jour, tandis que Cormoran cherche sa Cormorine et que Cigogne s’éloigne endeuillant le toit et attristant la cheminée par son départ. Il faut encore consoler l’arbre qui pleure toute sa sève et rassurer l’étoile qui a peur de la nuit. Après cette promenade aussi drôlatique que poétique, ne reste plus qu’à s’endormir, tête bêche comme les cinq enfants.












