Ricochet : la guerre et les conflits en littérature jeunesse (1)
Le site de littérature de jeunesse Ricochet publie un dossier thématique très intéressant sur le thème hélas d’actualité : la guerre.
le titre exact du dossier est :
Guerres et conflits dans les livres pour enfants: (se) taire ou en parler?

Thème radio : émission 249 du 13 octobre

Roselyne : La vie, même pas peur, de Maya Angelou , éd.CotCotCot

Sonja : Le carré sauvage d’Anne-Hélène Dubray et Sarah Loulendo, aux éditions L’Agrume

Petit retour sur Troyes mille Pages
Comme beaucoup d’entre vous, sans doute, nous sommes allées faire un tour sur le Salon du Livre jeunesse de Troyes. C’est toujours un grand moment de plaisir !

D’autant plus que, cette année, nous avions été contactées par des lectrices de Lire et Faire Lire de la Côte d’Or qui avaient affrété un car pour venir au Salon et assister au spectacle autour de L’Atelier Grand-Feuille de Benjamin Lacombe et Mikhaël Brun-Arnaud.

Plusieurs lectrices souhaitaient nous rencontrer pour échanger au sujet de nos pratiques et de nos manières de fonctionner.
Les personnels qui travaillaient sur le Salon nous ont trouvé une petite salle et nous ont apporté des chaises. Ils nous ont même proposé de nous prendre en photo !

Ce fut un moment très intéressant et très convivial.
Thème radio : émission 248 du 6 octobre
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Sonja : Le tablier de Tomio, de Delphine Roux, chez HongFei
Roselyne : Je serai un homme des cavernes de Angelo Mozzillo, l’École des Loisirs |
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Les articles du mois d’octobre 2026
Conférence de Sophie Van der Linden à l’INSPE (suite en images)
Une trentaine de lectrices et lecteurs de Lire et Faire Lire, des étudiants de l’INSPE, destinés à devenir enseignants, ainsi que des professionnels invités (Médiathèques, personnels du monde culturel et de l’Éducation Nationale), ont assisté avec beaucoup d’intérêt et de plaisir à la conférence donnée par Sophie Van der Linden dans l’amphithéâtre mis à notre disposition par l’INSPE.


Ensuite, dans l’après-midi, les participants se sont regroupés en ateliers. L’objectif de « l’intergénérationnel » a été largement atteint ! Les échanges ont été particulièrement sympathiques et fructueux.
Sophie a distribué à chaque équipe un album de son choix (voir article précédent), assorti d’une question à traiter concernant le rôle des images :
- les messages implicites
- les albums sans texte
- les points de vue exprimés
- l’identité du narrateur, etc.


Deux rapporteurs de chaque groupe (en général un junior, un senior) ont ensuite exposé les conclusions de leur étude.


Une belle journée de formation !
Nous remercions tout particulièrement l’INSPE pour la qualité de l’accueil et la Ligue de l’Enseignement pour l’efficacité de l’organisation et pour l’aide précieuse qu’elle nous apporte très régulièrement.
29 septembre : Conférence de Sophie Van der Linden à l’INSPE
Lire l’image dans l’album, tel était l’intitulé de la conférence de Sophie Van der Linden sur la composition; le rôle et le langage de l’image.
Nous vous proposons ici une synthèse de son intervention, basée sur nos notes forcément incomplètes et illustrée d’une bibliographie.
Lire une image, ce n’est pas si facile…
Quasiment tous les enfants sont capables de tirer du sens de l’image. A ne plus lire d’images, on risque de perdre des compétences en se limitant au texte. Or la recherche souligne que cette lecture de l’image se fait d’une manière plus intuitive, sans apprentissage établi, comme lorsqu’on apprend à parler. Traitement testé même auprès de nourrissons !
La lecture de l’image apparaît dès l’origine de l’humanité (production de récits en images découverts dans une grotte en Indonésie datant de 50000 avant JC, art antique égyptien, colonne Trajane à Rome, etc.)
Dans nos cultures, la présence du récit visuel dans l’espace public disparaît parallèlement à l’évolution de la production imprimée. Dès lors, l’image apparaît comme un langage pour non-lettrés, analphabètes, etc.) D’où, aujourd’hui encore, un certain mépris pour la lecture de BD et de mangas : lecture de l’image déconsidérée dans l’ensemble.
Il y a quelque chose qui cloche de Guy Billout
A première vue, tout est normal dans ces images. Pas moyen d’y cacher sept erreurs, ni même une seule. Pourtant, quelque chose cloche… comme cette neige en plein mois de juillet...
Sophie Van der Linden évoque également les oeuvres de Chris Ware, auteur de BD américain, et de Claude Ponti.
Inspiré de R. Caldecott, Maurice Sendak, l’auteur de Max et les Maximonstres, apporte dans les années 60, une mise en page et une composition très nouvelles. La primeur est donnée à l’image, qui part du point de vue de l’enfant et qui nous fait entrer dans son imaginaire.

La lecture de l’image dans l’album commence très tôt : les études parlent de un mois de vie pour voir les images.
La photographe Tana Hoban a produit des albums pour attirer l’attention des enfants sur les formes et les silhouettes des objets.
Avant même de percevoir les couleurs, les bébés perçoivent les contrastes : le noir sur le blanc, le blanc sur le noir.


(Présent à la bibliothèque de La Ligue – H1)
De son côté, Cécile Roumiguière a fait paraître chez Seuil : le Ciel, l’Eau, la Terre, le Feu qui apporte une perception de la réalité esthétisée.




Bébés Chouettes de Martin Waddell,

Un peu perdu de Chris Haughton
(Présent à la bibliothèque de La Ligue – H2)
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Tigre, Tigre, Tigre de Joanna Hellgren, où on valorise les représentions sociales, contrairement à ce qu’on fait majoritairement en France où on met en avant les milieux bourgeois, blancs, etc

Il neige de Uri Shulevitz
Redondance absolue, l’image reprend le texte
Yacouba, de Thierry Dedieu
(Présent à la bibliothèque de La Ligue – S3)
Vraie complémentarité entre texte et image. Le texte exprime l’intériorité du héros, quand l’image raconte l’action.
Mon Chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet
(Présent à la bibliothèque de La Ligue – B3)
L’image contredit le texte, il y a disjonction.
Le Géant de Zeralda, de Tomi Ungerer
(Présent à la bibliothèque de La Ligue – U2)
Redondance patente jusqu’à l’introduction finale d’un gros doute… qui contredit radicalement le texte
Je suis un lion de Antonin Louchard
Le sens se construit au fil de images
Ma cabane de Loïc Froissart
L’image, par des allusions, fait douter le petit lecteur de celui qui parle…
Toujours rien de Christian. Voltz
Le texte donne un point différent de l’image.
L’Afrique de Zigomar de Philippe Corentin
(Présent à la bibliothèque de La Ligue – C2)

Patatras de Philippe Corentin
(Présent à la bibliothèque de La Ligue – C2)

L’humour naît de la contradiction : jeu d’opposition texte/images,
Gare au Renard de Pat Hutchins

C’est uniquement par les images que l’on comprend le dénouement. Nécessité pour le lecteur à voix haute de poser le rythme et surtout de laisser à l’enfant le temps d’approfondir les images.
Logique d’aller-retour entre texte et image
Mon Frère le Chien de Grégoire Solotareff

Importance du cadrage avec paysage pour insister sur le thème de la domination dans le face à face des deux personnages.
Flon-Flon et Musette d’Elzbieta
Langage de vérité sur les ravages de la guerre. L’image préserve la sensibilité de l’enfant en posant des filtres (une vitre, un voile…)
Je parle comme une rivière, de Jordan Scott
(Présent à la bibliothèque de La Ligue – S3)

Convergence texte/image pour traduire le bégaiement de l’enfant. Le flou de l’image traduit son émotion.
Petit bleu et Petit jaune de Léo Lionni
(Présent à la bibliothèque de La Ligue – L1)

un univers esthétique et varié, non figuratif
à mettre en parallèle avec
On dirait qu’il neige de Rémy Charlip
Aucune image de neige ! Ce petit livre est présenté dans une enveloppe blanche translucide. Il a la particularité d’être constitué de pages… toutes blanches. Juste un petit texte en bas, qui appelle à l’imaginaire pour y voir ce qui n’y figure pas

Dinosaures de Francesco Pittau
Documentaire. Un livre qui repose sur des pictogrammes, animés par des volets, des rabats, des jeux d’ombres ou de formes, pour les jeunes enfants.
Des images dérangeantes, parfois
Papa Ballon, de Saehan Parc
Cette autrice coréenne dessine avec une règle à formes pour créer un effet singulier à cette histoire de revanche des enfants sur la domination des adultes
Le Château de Emma Adbage
recherche d’une image hyper expressive. Humour suédois qui bouscule
Une vraie démarche de créatrice : Rebecca Dautremer, qui travaille en tissant texte et image
Questions du public
– L’album sans texte : Il est au coeur de la réflexion de Sophie : de l’imagier, à la collection Cherche et trouve jusqu’à Ia série Imagine d’Aaron Becker. C’est d’abord un exercice de compréhension de l’image par les enfants qui vont reconstituer l’histoire. Ne pas avoir peur du silence. Ne pas apporter notre parole. Les enfants accèdent à l’histoire en autonomie, sans notre médiation.
– le roman graphique : plus proche de l’album qu de la BD. Interpénétration entre roman graphique et album. Le super lecteur, c’est celui qui passe aisément d’une forme d’expression à une autre.
Après une présentation commentée collectivement de Notre Boucle d’Or de Adrien Albert,
les ateliers de l’après-midi ont été consacrés à des analyses d’albums par groupes.
Voici les titres travaillés dans les différents groupes








Un Abri de Adrien Parlange (Présent à la bibliothèque de La Ligue – L1)
Les trois cochons de David Wiesner
Mira, notre chien de Delphine Perret
Sept minutes et demie de Anne Brouillard, album sans texte
La Terre tourne de Anne Brouillard
Bien mieux qu’une maison de Alexis Deacon
Rouge de Michel Galvin
Fichteflou de Clarisse Lochman
Conclusion
La littérature de jeunesse se rapproche de plus en plus des besoins des enfants. C’est une littérature adressée, qui pose les questions du « pour qui ? », du « pour quoi ? »
Les randonnées de l’USEP
Mardi 22 septembre aux Riceys, 350 enfants, 5 lectrices…
Un cadre enchanteur, un temps très ensoleillé, un début d’automne…

Jeudi 24 septembre, à Dosches, 1200 enfants, 10 lecteurs et lectrices

Avant l’arrivée des enfants, les lectrices qui ne connaissaient pas l’album découvrent Chien bleu de Nadja

Plus question de tergiverser…
Lectures quasi ininterrompues de 10h30 à 15h, des enfants enchantés par nos histoires, une ambiance très chaleureuse…

Au revoir…

Je lis la Science
Tous les ans, nous nous inscrivons à l’Opération « Je lis la Science », mise en place par Lire et Faire Lire i pour allier plaisir de la lecture et développement de la curiosité scientifique chez les 8-10 ans.
Plus de 300 sacs sont envoyés. Chaque sac contient une sélection d’ouvrages scientifiques destinés en priorité aux 8-10 ans ainsi qu’un livret permettant de prolonger les thématiques abordées. Le livret d’accompagnement de l’édition est disponible à la bibliothèque de LFL; il sera mis en ligne dès que le pdf sera disponible…
Cette année, nous avons reçu 5 sacs de 4 livres.
Le thème est l’écologie, la protection de la planète
Traditionnellement, la sélection comprend :
- un roman d’anticipation : La planète interdite, d’Yves Grevet, publié chez Syros, dans la collection Mini-Syros

Styxx est en mission dans la voie lactée pour son premier voyage spatial. Mais alors que les autres membres de l’équipage dorment dans leur caisson d’hibernation, il se réveille soudain. Le vaisseau s’approche d’une planète inconnue et l’ordinateur central ordonne à Styxx de rebrousser chemin. Styxx n’aime pas obéir sans comprendre… Quel secret cache cette planète ?
Ça se lit en 22 minutes (j’ai testé !) et c’est très intéressant pour des CM1-CM2-6èmes.
une biographie : Wangari Maathai, la femme qui planta des millions d’arbres, de Franck Prévot et Aurélia Fronty, chez Rue du Monde.
Cette Africaine est désormais célèbre dans le monde entier pour tous les courageux combats qu’elle a menés au service de la planète, des droits des femmes et de la liberté.
Dans son pays, le Kenya, comme ailleurs en Afrique, elle s’est opposée à la déforestation et a fait renaître des forêts avec l’aide de milliers de personnes.
Le prix Nobel de la Paix lui a été décerné en 2004.
- un documentaire scientifique : Génie végétal : Les talents cachés des plantes de Fleur Daugey et Marcel Barelli, aux éditions La Martinière.

Les plantes n’ont pas d’yeux, mais elles voient. Elles n’ont pas d’oreilles, mais elles entendent. Elles n’ont pas de langue, mais elles goûtent. On dirait qu’elles ne bougent pas, qu’elles ne comprennent rien, pourtant…
Les plantes ont plus d’un tour dans leur sac. Chaque jour, elles poussent, se défendent et font des choix.
Par exemple, elles n’ont pas de peau, mais elles savent quand on les touche: si on effleure la sensitive, elle replie ses feuilles; si une mouche se pose sur une plante carnivore, hop ! elle referme…
Un livre très bien fait et très drôle, qui peut être lu à des enfants à partir du CE1…
- une fiction-documentaire : La bonne Idée de monsieur Johnson, de Pierre Grosz et Rémi Saillard, édité par La Cabane bleue, une maison d’édition spécialisée « dans les livres conçus dans une démarche globale de développement durable, qui respecte notre Terre et ses habitants »

Des clous rouillés, des fruits pourris, des matelas crevés, des pneus usés… Voilà tout ce qui reste des marais salants qui bordaient New York et que la ville a transformés en décharge. Jusqu’à ce qu’un dénommé Herbert Johnson décide qu’il est temps de faire reprendre ses droits à la nature. Inspiré de l’histoire vraie d’un pionnier de l’écologie, cet album tout en poésie nous rappelle comment chacun, à son échelle, peut accomplir de grandes choses pour la planète.

Ces sacs de livres nous sont envoyés dès la rentrée, de manière à ce que nous puissions participer à la Fête de la Science, qui a lieu cette année du 2 au 12 octobre 2026.
Mais bien sûr, nous pouvons en faire profiter les enfants à n’importe quel moment de l’année, et dans n’importe quelles circonstances !

